Le 10 décembre 18h-20h : « Le sexuel, la rencontre et les possibles… : la boîte à pudeur »

« Le sexuel, la rencontre et les possibles… »

« La boîte à pudeur »

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Pour cette soirée, Puls-médecine recevra et discutera avec :

Marie Leboucher, interne en médecine générale,

Alizée Goguely, éducatrice jeunes enfants,

Isabelle Bertorello, Enseignante à l’école de Sage Femme,  avec  des étudiantes.

L’époque actuelle est marquée par l’exhibition du sexuel. Il n’est pas rare que de très jeunes patients témoignent d’une rencontre traumatique, obscène, avec le sexuel qui sur internet est bien souvent exhibée. Ce surgissement du sexuel sur la toile, disponible à tout instant et en prise directe avec chacun, fait référence aujourd’hui pour beaucoup d’adolescents et influe sur ce qu’ils pensent, sur ce qu’ils pourraient penser… La rencontre amoureuse est ravalée à une relation de sexes qui ne fait pas lien à l’Autre mais cultive le confinement d’une satisfaction qui se joue entre soi : « Jouissance autiste » nous disait Eric Laurent. La chose sexuelle en libre service, disponible partout et tout le temps, mérite pourtant d’être border, cerner. Il y a lieu d’en parler dans nos institutions… même si bien souvent, elle est évitée ! Il y a surement quelque chose à en dire … à réintroduire du lien social autour de cette question pourtant éminemment privée. A l’heure où les ressorts de la rencontre amoureuse semblent réduits à de simples aménagements de corps et de sexes, certains professionnels s’autorisent à faire des ateliers qui mettent en lien où pourra se dire justement ce qu’on ne sait pas – envers de tout ce savoir prêt-à-porter qui affole plus qu’il n’informe.

Aussi, faire un atelier autour de la question sexuelle pour chacun peut être l’occasion de rencontres possibles – à quelques uns – pour dire, s’autoriser à dire, plutôt que céder aux appels des nouvelles sirènes du net – véritable « pousse à la jouissance ». Un atelier, c’est aussi réintroduire convoquer l’Autre – disparu sur la toile – l’Autre qui a un avis, qui dérange. Par le langage, l’Autre est convoqué, troue l’image et impulse du voile et de la pudeur, tentative d’élaboration de l’affaire sexuelle pour qu’elle s’élabore en symptôme. Faire symptôme, c’est réintroduire des clocheries, des points d’impossible, des avis multiples, des désaccorps …pour rendre la chose moins évidente, moins mécanique, moins réelle.

 

« Le grand mouvement de la civilisation, son hédonisme de masse, fait disparaître la particularité du symptôme »  nous dit Eric Laurent, psychanalyste dans « La société du symptôme ». [Extrait de l’argument sur le thème de l’année « Ce qui fait symptôme ».]

 

Nous accueillons dans nos institutions des Sujets du langage et de la parole toujours traversés par un sexuel qui les dépasse et qui pourtant les fait Sujets de désir. Quand, à la puberté, le sexuel s’invite particulièrement sur la scène et dans les corps, il suscite des remaniements qui méritent attention et auxquels il y a lieu de faire accueil. Lacan, au fur et à mesure de son enseignement, voit s’étendre le sexuel à tout ce qui se joue dans le langage. Il prend le nom du réel, cet impossible à dire dans lequel le corps libidinal est pris. C’est à la fois, osé, difficile à saisir et tellement délicat ! Çela à des conséquences, dans la clinique. Lorsqu’ on aborde un patient, la façon dont on s’adresse à lui, dont on utilise les mots, se joue toujours une partie avec ce sexuel. Si le Sujet prend la voie du symptôme pour traiter ce réel sans mots, comment accueillir à la puberté ce qui relève de l’impossible, de l’indicible : l’altérité qui prend corps ?