Le 1er atelier / L’urgence : des moments à ne pas rater …

[vc_row css_animation= » » row_type= »row » use_row_as_full_screen_section= »no » type= »full_width » angled_section= »no » text_align= »left » background_image_as_pattern= »without_pattern »][vc_column][vc_column_text]C’est la rentrée, et cette année le groupe puls-médecine reprend ses travaux sur le thème« Instants d’urgence en médecine. Programme vaste et très sensible, ancien et très contemporain. La prise en charge des « urgences » évolue avec notre société et tenter de les « gérer » devient un véritable défi.  Vite ! Encore plus vite ! Désengorger les salles qui débordent de patients ne sachant plus où s’asseoir. Répondre à l’urgence vitale, orienter vers d’autres services hospitaliers ou bien vers d’autres structures ceux qui peuvent attendre.

Il y a 20 ans, les Urgences de pédiatrie se résumaient à un accueil dans deux pièces… où travaillaient deux professionnels… une aide soignante et un interne.

Aujourd’hui tous les professionnels de santé sont soumis aux injonctions de « gérer l’urgence »à tous les niveaux d’intervention bien au-delà du monde de la santé. Ces deux réalités différentes – et ce, en 20 ans – nous introduisent, bien sûr, à des questions politiques– gestions hospitalières et exigences gouvernementales dans le domaine du soin – mais nous contraignent aussi à interroger la question des temporalités. Des urgences aux instants d’urgenceCes variables changements nous montrent l’ampleur du parcours et du diagnostic que nous avons à réaliser.

La réalité actuelle, factuelle et politique, impose à tous les professionnels de santé de répondre à l’urgence telle qu’elle se présente. Comment faire face à cet impératif ? Au-delà du risque vital qui nécessite des soins de toute urgence.

Si tous les professionnels de santé mesurent très bien l’urgence d’une intervention rapide, quand le risque vital est en jeu, quand le soin médical est nécessaire, qu’une hospitalisation est salvatrice dans certaines situations cliniques urgentes… l’urgence n’est-elle pas à interroger… dans son rapport à l’Idéal et à ses coordonnées très souvent paradoxales : une urgence réclamée, souhaitée, voulue… alors qu’en y regardant de plus prêt, il y a peut-être là nécessité de prendre un peu de temps !

Alors que d’’un côté, les politiques mettent tout en œuvre pour éviter l’urgence, établissant des règles d’usage, de dispositifs et de protocoles précis, voire un savoir-faire avec les urgences… de l’autre côté, la rapidité d’intervention – et son résultat rapide et évalué – est devenue le nouveau critère de qualité d’évaluation dans de nombreux dispositifs. Pour exemple : le temps d’attente aux urgences, le temps d’obtention d’une consultation, le temps de d’examens, le nombre d’entrées par jour, la durée de l’hospitalisation ou encore l’heure limite de sortie.

L’urgence est devenue un nouveau mode de demande – voire un nouveau mode de vie – suscitant de nouvelles modalités d’adresse aux professionnels de santé.

Mais ne serait-elle pas – avant tout – une demande de soulagement, d’allègement du symptôme… un symptôme qui très souvent est le signe de notre malaise contemporain ? La fréquentation des services d’urgence le montre bien – au-delà de la polémique et des raisons de la crise. Alors même que l’Hôpital est en souffrance, son équipe (qui pourtant, nous le savons ne manque pas de sang-froid) ses locaux, il n’en demeure pas moins vrai qu’il demeure un lieu d’ancrage, un lieu de référence, un lieu ayant vocation d’abri pour un grand nombre. L’hôpital est devenu ce nouvel « abri » pour accueillir des demandes de plus en plus variées même s’il n’y a absolument plus les moyens d’y répondre : crise des lieux d’accueil, désarrois et démissions des professionnels, face à des situations aussi énigmatiques qu’abominables.

 

Le groupe Puls-médecine,en prise directe avec la modernité, ses exigences et ses idéaux, avec les services de médecine générale et les exigences auxquelles ils sont contraints, sait et connaît la richesse des savoir-faire et des savoir-inventer des professionnels du terrain [1]. Il ne cesse de soutenir l’invention et les initiatives novatrices de chacun. Il s’enrichit de leurs témoignages. Les « ateliers cliniques puls-médecine » sont de véritables moments de work in progress… qui s’enrichissent des expériences de chacun, quelle que soit sa profession et son lieu d’intervention. Ils n’existeraient pas sans le témoignage précieux de professionnels de terrain.

Quatre ateliers cliniques dans l’année, quelques moments de rencontres inédites certains après-midis et un colloque annuel : cette année le Vendredi 5 juin 2020sous le titre provisoire : « Instants d’urgence en médecine » colloque où chacun est bien sûr attendu et convié ! « Ces ateliers cliniques » sont l’occasion, à qui s’en saisit, de dire l’étrangeté de certaines situations… de dire le risque pris aussi parfois… au nom de la subjectivité ! Ces instants tout aussi précieux qu’urgents, instants qui ont pu confronter chaque professionnel à l’insupportable quelque soit sa compétence professionnelle à une situation clinique inédite… professionnel qui a pu même remettre en cause son acte, un acte – peut-être hors-les-normes – mais qui pourtant, dans l’instant, s’avérait nécessaire !

 

Les « ateliers cliniques puls-médecine » sont l’occasion d’une suspension dans ce temps qui passe, ce temps mortifère… quand il ne prend pas en compte la subjectivité du patient et ses enjeux. Ce temps qui file, exige et écrase…

La médecine et la psychanalyse se rencontrent en ce point :

 

« Il y a quand même ce point commun qui est la nécessité d’en passer par une clinique de la parole »[2]…..

Qui dit parole, dit subjectivité, dit temps après lequel on courre, temps que chacun ne prend plus, crainte du temps qui passe aussi… Nous aurons à travailler aussi comment ils se séparent indéniablement non pas sans s’éclairer l’un et l’autre. La psychanalyse ne laisse pas pour autant l’urgence à la porte »[3]

 

Et puis il y a l’urgence ! Vite guérir les maux et éradiquer au plus vite le moindre symptôme. Si chaque patient courre après la guérison rapide et résolutoire du moindre symptôme, il y a aussi à parier que certains maux méritent un peu plus de temps… Comment et où à l’heure contemporaine, trouver le consentement du sujet à prendre un peu de temps pour lui, quand l’urgence somatique est résolue ?

 

Les urgences, aussi sérieuses et précieuses soient-elles, demandent un temps de suspension, un temps d’arrêt ! Elles nous introduisent à des moments à ne pas rater ! Les omettre serait négliger qu’il y a bien un Sujet en présence, une subjectivité qui joue sa partie…

 

Ce mercredi 25 septembre – de 20H30 à 22H30 – au CHU de Rennes, rez de jardin, (-1), salle conférence A

Nous aborderons la question des temporalités,

Des temporalités distinctes mais non moins entrelacées,

Qui d’être négligées dans leur différence,

Éternisent parfois l’hospitalisation,

Entretiennent la plainte du patient,

Reconduisent le patient dans ses difficultés

Et font obstacle aux effets thérapeutiques attendues.

 

Quelques repères théoriques sur ces temporalités, quelques situations cliniques originales et les réflexions de notre public averti viendront, nous en sommes assurés, faire de cette soirée un « moment suspendu »… dans le temps.

Les titres des 3 vignettes qui seront présentées sur le thème de l’urgence :
°)  » Vite … border le trou de la grenouille »
°)  » Elle est décédée vivante « 
°)  » Pas de retour à zéro « 

 

 

 

[1] Docteur François Leguil, « La sévère rigueur de ce moment qui passe, Revue de Psychanalyse, Quarto, n° 58. pp. 27-34.

[2] Ibid

[3] Ibid[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row][vc_row css_animation= » » row_type= »row » use_row_as_full_screen_section= »no » type= »full_width » angled_section= »no » text_align= »left » background_image_as_pattern= »without_pattern »][vc_column][vc_single_image image= »16196″ img_size= »full » qode_css_animation= » »][/vc_column][/vc_row]